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Pour une vie, pour une mort, l’illusion comme échappatoire
04/05/2026 • Temps de lecture estimé : 5 minutes
Pour une vie, pour une mort est née une nuit, au crayon, sur un papier froissé. Un texte sur la drogue… mais pas vraiment sur la drogue. Plutôt sur ce qu’on cherche dedans : un souffle, une illusion, quelques instants volés à la douleur. Et sur ce qu’on y laisse, parfois.
Une nuit, un crayon, le texte
Il y a des morceaux qui s’écrivent. Celui-là s’est imposé. Quelques bribes en tête au moment de m’endormir — partager des mots, partager sa vie — rien de concret, juste cette sensation que quelque chose voulait sortir. Et puis, en pleine nuit, le réveil, le papier, le crayon. Et le texte, quasiment entier, d’un bloc.
C’est rare. Et quand ça arrive, on ne se pose pas trop de questions. On écrit.
Ce que raconte ce texte
Cette chanson est une histoire vraie : quelqu’un de proche, une période sombre, la drogue comme réponse à quelque chose qui déborde. Je n’étais pas dans sa tête, mais je l’ai regardée de suffisamment près pour comprendre ce que ça fait de l’intérieur : ce vent qui revient, ces instants d’illusions, souffle de tout, de rien. La drogue ne donne pas grand-chose, mais elle procure ça, un court-circuit, une pause, l’impression que ça tient.
C’est ce que j’ai tenté d’écrire, de décrire : juste cette sensation, surtout pas un jugement, encore moins une leçon. Simplement la réalité de ce qu’on cherche quand on plonge dans quelque chose qui fait du mal : un peu de légèreté, un peu de silence, une revanche à prendre sur un avenir qui semble foutu d’avance.
La drogue en est l’exemple le plus brutal. Mais cette logique-là — trouver une échappatoire, s’accrocher à une illusion pour tenir — elle dépasse largement la seule question des substances. On la retrouve dans bien des addictions, bien des fuites. Ce qui change, c’est l’intensité des dégâts.
Le « tu » qui s’impose
Face à quelqu’un qui se perd, on se sent souvent impuissant. On a l’impression qu’on aurait pu faire plus, qu’on n’a pas trouvé les bons mots au bon moment, qu’on est passé à côté de quelque chose. Alors on écrit. L’écriture permet parfois d’extérioriser ce qu’on n’a pas su dire autrement. On écrit… Pour se faire entendre, pour se faire comprendre.
J’aurais pu écrire à la troisième personne. Raconter. Rester loin. Mais le « tu » s’est imposé dès les premières lignes, et il n’a pas bougé. Parce que ce texte s’adresse à elle. Il y a une conversation dans ces paroles, un face-à-face, une tentative de la rejoindre, une volonté d’être utile.
La dernière ligne qui change tout
Le refrain revient deux fois, mais sur la dernière ligne, il bascule : je sais bien, c’était ta vie. Ce n’est pas de la résignation. C’est quelque chose de plus compliqué.
On peut voir quelqu’un foncer dans le mur. On peut lui dire, lui répéter, s’épuiser à trouver les mots. Mais à un moment, il faut admettre que chacun est responsable de ses choix. Qu’on ne peut pas vivre à la place de l’autre. Que la liberté, même mal utilisée, même douloureuse à regarder lui appartient, quand bien même on a tout essayé.
On a presque envie de demander pardon. Mais pardon pour quoi ? Pour ne pas avoir réussi à retenir quelqu’un qui ne voulait pas l’être ? C’est là que la phrase bascule : ce n’est ni une absolution ni une capitulation. C’est un constat lucide, un peu amer, mais authentique : certaines batailles ne nous appartiennent pas.
Écrire sur la drogue sans en faire l’apologie
La musique a toujours eu ce rapport complexe avec les substances, entre fascination, dénonciation et zones grises. De grands noms du rock ont écrit dessus, parfois de l’intérieur, parfois en survivants. Ce qui m’intéresse, ce ne sont pas ces substances (drogue, alcool…) en elles-mêmes. C’est ce qu’elles révèlent : un manque, une douleur, une solitude qu’on essaie de combler avec ce qu’on a sous la main.
Dans le fond, Pour une vie, pour une mort pose simplement une question… La question que tout le monde finit par se poser face à quelqu’un qui se perd : et tout ça, pour quoi ?
Posez-vous un instant. Et dans vos réflexions, peut-être y trouverez-vous la réponse, si tant est qu’il y en ait une…
Pour une vie, pour une mort, le texte…
Partager des mots, partager sa vie Écarter le vide et combler l’ennui Sans même un regard, ne demande rien Quels que soient la peur, le silence prochain
Pas un bruit, pas un mot, pas même un murmure Sentiments de haine, d’amour, pas besoin Juste ce vent qui revient et qui assure Quelques instants d’illusions, souffle de tout, de rien
Et tout ça, pour quoi ? Pour une vie meilleure Pour une mort plus douce, un instant de bonheur Et tout ça, c’est quoi ? Un honneur, un combat Pour une vie, pour une mort… Oh, mais dis-moi pourquoi ?
La lueur du jour, les passants, faut bouger Une poignée de main, un ami ennemi Toujours en tête cette idée, toujours la même envie Une revanche à prendre sur un avenir oublié… Oh…
Partager des mots, partager sa vie Écarter le vide et combler l’ennui Cette fois, c’est différent, impossible de bouger La solitude, les larmes, pas la peine de crier
Couchée sur le sol, les secours, mais en vain Les paupières mi-closes, t’as plus peur de rien Quelques paroles amicales, mais c’est déjà fini Et ces instants d’illusions t’ont soufflé ta vie… Oh…
Et tout ça, pour quoi ? Pour une vie meilleure Pour une mort plus douce, un instant de bonheur Et tout ça, c’est quoi ? Un honneur, un défi Pour une vie, pour une mort… Oh, je sais bien, c’était ta vie !